Livrer un classeur qu'on partage, qui calcule un prêt et qui lit l'avenir
Dernière séance, celle du classeur fini : exporter et partager, actualiser des données externes, les fonctions financières (VPM, NPM, TAUX), le Gestionnaire de noms en bilan, les liens hypertexte, tous les types de graphiques et leurs données, les sparklines personnalisés, la gestion des liens entre classeurs, les fonctions de dates avancées (NB.JOURS.OUVRES, SERIE.JOUR.OUVRE, DATEDIF), les contrôles de formulaire, et les graphiques complexes : pyramide des âges, diagramme ombrothermique, boursier, bulles.
Le fil rouge de la séance. datashop-niveau4.xlsx : la feuille Salaries (dates d'embauche, salaires) pour les dates et la pyramide des âges, Commandes pour les graphiques et les contrôles, une feuille de prêt pour les fonctions financières. Garde Excel ouvert à côté du cours : chaque module se termine par deux gestes à faire dedans.
Exporter et partager des données, actualiser des données externes
PDF, CSV UTF-8, OneDrive et la co-édition, Publier ; et les propriétés d'actualisation d'une connexionUn classeur se livre sous la forme que son destinataire sait lire :
| Besoin | Geste | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Lire sans modifier | Fichier › Exporter › Créer PDF/XPS (ou Enregistrer sous › PDF) | Options : feuilles actives, classeur entier, sélection ; ignorer les zones d'impression ; compatible PDF/A |
| Réimporter dans un autre logiciel | Enregistrer sous › CSV UTF-8 | Une seule feuille, aucune formule, aucune mise en forme ; UTF-8 garde les accents |
| Travailler à plusieurs en même temps | Enregistrer sur OneDrive ou SharePoint, puis Partager | La co-édition : chacun voit le curseur des autres ; l'historique des versions (BA3) devient disponible |
| Changer de format | Fichier › Exporter › Modifier le type de fichier | Classeur 97-2003, Modèle, Texte (séparateur tabulation), ODS |
| Publier un tableau de bord | Fichier › Publier › Publier sur Power BI | Le pont vers le cours Power BI |
Actualiser des données externes
Une requête ou une connexion a des propriétés (Données › Requêtes et connexions › clic droit › Propriétés, ou Données › Propriétés depuis le Tableau chargé) : Actualiser toutes les n minutes, Actualiser les données lors de l'ouverture du fichier, Activer l'actualisation en arrière-plan (continuer à travailler pendant le chargement), Supprimer les données du fichier avant l'enregistrement (un fichier léger, rechargé à l'ouverture).
Le CSV perd tout sauf les valeurs de la feuille active. Excel prévient ; si on confirme puis qu'on ferme, formules, autres feuilles et mises en forme sont perdues. On garde toujours le .xlsx et on exporte une copie.
Les fonctions financières : VPM, NPM, TAUX
Mensualité, durée, taux : le triangle du prêt, et la convention des signesTrois fonctions suffisent à raisonner sur un prêt ou un placement. Toutes partagent les mêmes arguments : taux (par période), npm (nombre de périodes), va (valeur actuelle : le capital), vc (valeur capitalisée, 0 par défaut), type (0 : paiement en fin de période, 1 : en début).
| Question | Formule | Pour 15 000 € à 3 % sur 48 mois |
|---|---|---|
| Quelle mensualité ? | =VPM(3%/12;48;-15000) | 332,01 € |
| Combien de mois pour 400 € par mois ? | =NPM(3%/12;-400;15000) | 39,4 mois |
| Quel taux pour 350 € sur 48 mois ? | =TAUX(48;-350;15000)*12 | 5,6 % par an |
Les deux pièges
- Le taux est par période. Un taux annuel de 3 % sur des mensualités s'écrit
3%/12; et le TAUX obtenu est mensuel, à multiplier par 12. - Les signes. Excel raisonne en flux : ce qu'on reçoit est positif, ce qu'on verse est négatif. Un capital emprunté positif donne une mensualité négative ; d'où le
-15000pour une mensualité positive. Mélanger les signes donne #NOMBRE! ou un résultat absurde.
Les cousines : VA (quel capital pour cette mensualité ?), VC (que vaut un placement après n versements ?), INTPER et PRINCPER (la part d'intérêts et de capital d'une mensualité donnée : le tableau d'amortissement). Toutes sont dans Formules › Financier ou dans Insérer une fonction, catégorie Finances.
Maîtriser de manière exhaustive le Gestionnaire de noms
Entretenir les noms d'un classeur qu'on livre : erreurs, doublons, noms de tableau, noms masquésUn classeur livré ne doit contenir que des noms utiles et justes. Le Gestionnaire de noms (Ctrl+F3) est l'outil de cette revue :
| Contrôle | Comment | Décision |
|---|---|---|
| Noms en erreur | Filtrer › Noms avec erreurs : la colonne Valeur affiche #REF! | Supprimer, ou corriger Fait référence à |
| Noms venus d'un copier-coller de feuille | Deux noms identiques, l'un étendue Classeur, l'autre étendue Feuille | Garder celui qui sert, supprimer l'autre (après Ctrl+F dans les formules) |
| Noms de tableau | Filtrer › Noms de tableaux : Tableau1, Tableau2 | Renommer (Création de tableau › Nom du tableau) : Commandes, Produits |
| Noms masqués | Créés par des compléments ou le Solveur (solver_adj…), invisibles dans le Gestionnaire | Les laisser : ils sont au Solveur |
| Noms sans commentaire | Colonne Commentaire vide | Documenter : à quoi sert ce nom |
| La liste pour le dossier | F3 › Coller une liste sur une feuille Documentation | À livrer avec le classeur |
Le Gestionnaire se redimensionne et se trie : clic sur l'en-tête Nom, Valeur ou Étendue. Un clic sur Valeur fait remonter les #REF! même sans filtre. Et Maj+clic sélectionne plusieurs noms pour une suppression groupée.
Gérer parfaitement les liens hypertexte
Vers une page, un fichier, une feuille, un courriel ; par la boîte ou par formule ; modifier, retirer, stylerUn lien hypertexte rend un classeur navigable : une table des matières en première feuille, un retour « Accueil » sur chaque onglet, un lien vers la procédure. Ctrl+K (ou Insertion › Lien) ouvre la boîte Insérer un lien hypertexte :
| Lier à | Cas | Détail |
|---|---|---|
| Fichier ou page web existant(e) | Un site, un PDF sur le réseau | Adresse ; Info-bulle pour le texte au survol |
| Emplacement dans ce document | Une feuille et une cellule, ou un nom défini | La table des matières interne |
| Créer un document | Un nouveau fichier à rédiger plus tard | Rare |
| Adresse de courrier | Un courriel pré-rempli (objet compris) | mailto: |
Par formule
=LIEN_HYPERTEXTE("#Synthese!A1";"Aller à la synthèse") : le # désigne un emplacement interne ; =LIEN_HYPERTEXTE("https://…";"Site") pour le web ; =LIEN_HYPERTEXTE("mailto:"&B2;"Écrire") construit le lien depuis une cellule. L'intérêt : des liens générés en série, sur une colonne de 140 clients.
Gérer
- Clic droit › Modifier le lien hypertexte, Supprimer le lien hypertexte ; pour sélectionner la cellule sans suivre le lien : clic long, ou les flèches.
- Les styles de cellules Lien hypertexte et Lien hypertexte visité contrôlent l'aspect de tous les liens de la boîte (pas ceux de la fonction).
- Fichier › Options › Vérification › Options de correction automatique › Lors de la frappe : décocher pour qu'Excel cesse de transformer toute adresse tapée en lien.
Maîtriser de manière exhaustive les données et les types de graphiques
Choisir le type d'après la question, préparer les données, et régler la sourceLa boîte Insertion › Graphiques recommandés › Tous les graphiques liste dix-sept familles. Le choix se fait d'après la question posée aux données, et la préparation des données découle du type :
| Question | Type | Données attendues |
|---|---|---|
| Comparer des catégories | Histogramme, Barres | Une colonne d'étiquettes, une ou plusieurs de valeurs |
| Suivre dans le temps | Courbes, Aires ; Histogramme si peu de points | Des dates ou périodes en première colonne |
| Montrer des parts d'un tout | Secteurs, Anneau (plusieurs séries), Compartimentage, Rayons de soleil (hiérarchie) | Une seule série pour les secteurs ; des niveaux pour les hiérarchiques |
| Relier deux mesures | Nuage de points (XY) ; Bulles pour une troisième | Deux colonnes numériques (trois pour les bulles) |
| Expliquer une variation | Cascade | Un départ, des plus et des moins, une arrivée (définir les totaux) |
| Montrer une déperdition | Entonnoir | Des étapes décroissantes (visites, paniers, commandes) |
| Une distribution | Histogramme statistique, Zone et valeur (boîte à moustaches) | Une seule colonne de valeurs |
| Par territoire | Carte | Des noms de pays, régions, villes |
| Deux échelles | Graphique combiné (axe secondaire, BA3) | Deux séries d'unités différentes |
Création de graphique › Sélectionner les données reste la boîte maîtresse : ajouter ou retirer une série, Intervertir les lignes/colonnes, modifier les étiquettes de l'axe, et Cellules masquées et cellules vides (relier les points par un trait, ou laisser un trou).
Les secteurs à plus de six parts et les 3D sont les deux erreurs les plus fréquentes des rapports. Au-delà de six, des barres triées ; et jamais de 3D : la perspective déforme la lecture.
Insérer et personnaliser un graphique sparkline
Reprise des sparklines de BA3 : type, points, axe, groupe, couleursUn sparkline est un graphique dans une cellule : Insertion › Graphiques sparkline › Courbe, Histogramme ou Positif/Négatif, une plage de données, une plage d'emplacement. L'onglet contextuel Sparkline fait le reste :
| Groupe | Réglages |
|---|---|
| Sparkline | Modifier les données (plage, cellules vides : intervalles, zéro, relier) |
| Type | Courbe (une tendance), Histogramme (des valeurs), Positif/Négatif (le signe seulement) |
| Afficher | Point haut, Point bas, Points négatifs, Premier point, Dernier point, Marqueurs : des repères colorés sur la courbe |
| Style | Une galerie, Couleur sparkline, Couleur de marqueur (une couleur par type de point) |
| Groupe | Axe : même échelle pour tout le groupe (sinon chaque sparkline a la sienne, et les lignes ne se comparent pas) ; Grouper, Dissocier, Effacer |
Par défaut, chaque sparkline a son propre axe vertical. Deux canaux à 1 000 € et à 100 000 € ont la même amplitude à l'écran. Axe › Options de valeur minimale/maximale de l'axe vertical › Identique pour tous les graphiques sparkline rétablit la comparaison.
Gérer les liens entre classeurs
Liens du classeur : vérifier, mettre à jour, changer la source, rompreUne formule vers un autre classeur (BA3) crée une liaison. Le classeur qui en contient affiche à l'ouverture un bandeau « Avertissement de sécurité : mise à jour automatique des liens désactivée » ou une question « Voulez-vous mettre à jour ? ». L'expert gère cela depuis Données › Requêtes et connexions › Liens du classeur (le volet qui remplace la boîte « Modifier les liens » des anciennes versions) :
| Action | Effet |
|---|---|
| Actualiser (un lien, ou tous) | Relit les valeurs dans le classeur source, même fermé |
| Ouvrir le classeur source | Pour voir d'où viennent les chiffres |
| Modifier la source | Le fichier a été renommé ou déplacé : on désigne le nouveau |
| Rompre les liens | Les formules deviennent des valeurs : le classeur est autonome, définitivement |
| Paramètres (Invite de démarrage) | Demander, mettre à jour sans demander, ou ne pas mettre à jour |
Les liens se cachent aussi ailleurs que dans les formules : dans les noms définis, les règles de mise en forme conditionnelle, les validations de données, les graphiques, les formes. Quand « Rompre les liens » ne suffit pas et que le bandeau revient, c'est là qu'il faut chercher (Ctrl+F sur .xls dans les formules, puis le Gestionnaire de noms).
Avant d'envoyer un classeur : Liens du classeur. S'il y en a, soit le destinataire a les fichiers sources au même chemin, soit on rompt les liens sur une copie. Un classeur qui demande « mettre à jour ? » à son destinataire fait mauvaise impression.
NB.JOURS.OUVRES, SERIE.JOUR.OUVRE, DATEDIF
Reprise approfondie des dates : jours ouvrés, échéances, âges et anciennetésTrois fonctions que la paie, la logistique et les ressources humaines utilisent tous les jours :
| Fonction | Ce qu'elle calcule | Exemple |
|---|---|---|
NB.JOURS.OUVRES(début;fin;[fériés]) | Le nombre de jours ouvrés (lundi à vendredi) entre deux dates, bornes comprises, moins les jours fériés listés | =NB.JOURS.OUVRES(B2;C2;Feries!$A$2:$A$12) : le délai réel de livraison |
SERIE.JOUR.OUVRE(début;jours;[fériés]) | La date qui tombe n jours ouvrés après (ou avant, négatif) une date | =SERIE.JOUR.OUVRE(B2;10;Feries!$A$2:$A$12) : l'échéance à 10 jours ouvrés |
NB.JOURS.OUVRES.INTL, SERIE.JOUR.OUVRE.INTL | Les mêmes, avec un week-end au choix (dimanche seul, vendredi-samedi…) | Un magasin ouvert le samedi : week-end 11 (dimanche seul) |
DATEDIF(début;fin;"unité") | L'écart en années, mois ou jours entiers ; unités "y", "m", "d", "ym" (mois sans les années), "md", "yd" | =DATEDIF(E2;AUJOURDHUI();"y") : l'ancienneté en années révolues |
DATEDIF est une fonction non documentée : elle n'apparaît ni dans Insérer une fonction ni dans la saisie semi-automatique, mais elle existe depuis toujours (héritée de Lotus). On l'écrit entièrement à la main, et "y" avec les guillemets. Un âge « 34 ans, 7 mois » : =DATEDIF(B2;AUJOURDHUI();"y")&" ans, "&DATEDIF(B2;AUJOURDHUI();"ym")&" mois".
Les jours fériés ne sont pas connus d'Excel : il faut les lister dans une plage et la donner en troisième argument. Sans elle, le 1er mai compte comme un jour ouvré.
Insérer des contrôles de formulaire
Case à cocher, liste déroulante, bouton de sélection, barre de défilement : une cellule liée, et un modèle qui réagitUn contrôle de formulaire est un objet qui écrit dans une cellule liée ; le reste du modèle lit cette cellule. Ils vivent dans Développeur › Contrôles › Insérer, partie Contrôles de formulaire (la partie ActiveX, en dessous, exige du VBA et pose des problèmes de sécurité : on l'évite).
| Contrôle | Cellule liée | Usage |
|---|---|---|
| Case à cocher | VRAI / FAUX | « Inclure les commandes annulées » : =SI($B$1;…;…) |
| Bouton d'option (plusieurs dans une zone de groupe) | 1, 2, 3… (le numéro du bouton coché) | Choisir un scénario |
| Zone de liste déroulante, zone de liste | Le rang de l'élément choisi | =INDEX(liste;$B$1) retrouve la valeur |
| Barre de défilement, bouton de sélection (toupie) | Un nombre entre min et max, par pas | Faire varier un taux de 0 à 10 % en direct |
| Bouton | aucune : il lance une macro | « Actualiser », « Imprimer » |
| Étiquette, Zone de groupe | aucune | Habiller, regrouper des boutons d'option |
- Insérer › le contrôle, puis tracer sur la feuille.
- Clic droit › Format de contrôle › onglet Contrôle : la cellule liée (et, pour une liste, la plage d'entrée ; pour une barre, min, max, pas).
- Les formules lisent la cellule liée. Clic droit › Modifier le texte pour le libellé.
Place les cellules liées sur une feuille Parametres, masquée ou protégée : le tableau de bord ne montre que les contrôles et les résultats.
Réaliser des graphiques complexes : pyramide des âges, ombrothermique, boursier, bulles
Quatre constructions qui demandent de préparer les données et de régler les axesLa pyramide des âges
- Trois colonnes : tranche d'âge, effectif hommes en négatif, effectif femmes en positif.
- Insertion › Barres empilées (horizontales).
- Format de l'axe horizontal › Nombre › format personnalisé
0;0: les négatifs s'affichent sans signe. - Format de la série › Largeur de l'intervalle : 0 à 10 % pour des barres jointives ; étiquettes de l'axe vertical à gauche (Position de l'étiquette : Bas).
Le diagramme ombrothermique
Précipitations en histogramme sur l'axe principal, températures en courbe sur l'axe secondaire (graphique combiné, BA3) ; convention : l'échelle des précipitations vaut le double de celle des températures (P = 2T), à régler dans les options des deux axes (maximum fixe). Au-dessus de la courbe, le mois est sec.
Le boursier (rappel)
Colonnes dans l'ordre du sous-type (Ouverture, Max, Min, Clôture) ; les bougies montantes et descendantes se colorent dans Format de la série.
Les bulles
Trois colonnes numériques : X, Y, et la taille de la bulle (le CA, l'effectif). Insertion › Nuage de points › Bulles. Format de la série : La taille représente l'aire (lisible) ou la largeur ; Mettre les bulles à l'échelle. Les étiquettes de données prennent le nom depuis une quatrième colonne (Valeur à partir des cellules).
Un graphique complexe demande une page de données préparée : tranches calculées (avec DATEDIF et un tableau croisé groupé par tranches), effectifs en négatif, colonnes dans le bon ordre. Le graphique n'est que la dernière minute du travail.
Quiz de fin de séance
Six questions pour vérifier que c'est acquisCes six questions reprennent toute la séance, au format et au niveau de la certification TOSA. Réponds sans revenir en arrière.
Moins de 4 bonnes réponses sur 6 ? Reprends le module 1 (VPM, NPM, TAUX) et le module 7 (les dates avancées) : ce sont les deux familles de fonctions que l'examen tire à coup sûr.
STOP exercices. Tu as lu tout l'onglet et répondu à ses questions : arrête-toi ici, ne passe pas encore à l'onglet suivant. En cours, ton intervenant montre l'essentiel sur son écran, puis vous refaites ensemble :
- Le prêt — atelier 3 : demandes 1 à 4 faites
- Délais, échéances, âges — atelier 3 : demandes 5, 6 et 7 faites
- La pyramide, la case à cocher, et le dépôt — atelier 3 : les onze demandes faites, déposé, mail envoyé
Tu travailles seul ? Fais ces exercices maintenant, sur ton atelier-mastere-3-NOM-Prenom.xlsx (page Ateliers), puis passe à l'onglet suivant.