Importer, calculer sans faille, formater exactement, nommer proprement
Quatrième séance, celle des données qui viennent d'ailleurs et des formules qu'on ne casse plus : l'import par Power Query et ses connexions, les options de calcul et les calculs dans un Tableau, la propriété des objets, toutes les options du collage spécial, toutes les fonctions de synthèse d'un tableau croisé, INDEX, EQUIV et DECALER en matriciel, les fonctions d'information ESTNA, ESTNUM, ESTVIDE, les formats personnalisés de A à Z, les noms de façon experte, et les segments et chronologies connectés.
Le fil rouge de la séance. Trois fichiers cette fois : datashop-niveau4.xlsx, et deux exports bruts à importer, export-commandes.csv et export-lignes-commande.csv (liens sur l'accueil du parcours). Garde Excel ouvert à côté du cours : chaque module se termine par deux gestes à faire dedans.
Importer des données externes et voir ses connexions
Power Query : un fichier texte, une page web, une base ; transformer, charger, actualiser ; le volet Requêtes et connexionsOuvrir un CSV dans Excel, c'est le convertir : à chaque nouvel export, tout est à refaire. Importer avec Power Query, c'est créer une requête : la source, les transformations, la destination sont mémorisées, et un clic sur Actualiser rejoue tout sur le fichier du mois suivant.
- Données › Obtenir et transformer des données › Obtenir des données : À partir d'un fichier › Texte/CSV (ou Classeur Excel, PDF, Dossier), À partir du web, À partir d'une base de données…
- Un aperçu s'affiche : Charger (tel quel) ou Transformer les données (l'éditeur Power Query).
- Dans l'éditeur : chaque geste (supprimer une colonne, changer un type, filtrer, fractionner, remplacer, fusionner deux requêtes) s'ajoute aux Étapes appliquées, à droite. Rien n'est modifié dans la source.
- Fermer et charger : les données arrivent dans un Tableau sur une feuille neuve (ou dans le modèle de données, ou en connexion seulement).
Le volet Requêtes et connexions
Données › Requêtes et connexions ouvre à droite la liste des requêtes (nombre de lignes chargées, dernière actualisation) et des connexions. Un clic droit sur une requête : Modifier (retour dans l'éditeur), Actualiser, Charger dans…, Propriétés (actualiser à l'ouverture, toutes les n minutes), Supprimer.
Une requête vaut cent remplissages instantanés. Le remplissage instantané fige des valeurs ; la requête rejoue la transformation. Dès qu'un export revient chaque semaine, c'est Power Query.
Maîtriser les options de calcul et les fonctions de calcul dans un Tableau
Automatique, manuel, F9 et Maj+F9 ; AGREGAT, SOUS.TOTAL et les références structurées dans la ligne de totalUn classeur de 200 000 lignes recalcule à chaque frappe : Formules › Calcul › Options de calcul (ou Fichier › Options › Formules) permet de passer en Manuel : Excel ne recalcule plus que sur demande.
| Mode | Comportement |
|---|---|
| Automatique | Tout recalcule à chaque modification (le défaut) |
| Automatique sauf pour les tables de données | Tout, sauf les tables d'hypothèses, lourdes : F9 les recalcule |
| Manuel | Rien ne recalcule : la barre d'état affiche Calculer ; F9 recalcule le classeur, Maj+F9 la feuille active, Ctrl+Alt+F9 force tout |
Le mode de calcul est celui du premier classeur ouvert dans la session Excel, et il s'applique à tous les classeurs ouverts ensuite. Un classeur en manuel ouvert le matin, et tous les totaux de la journée sont faux. La barre d'état le dit : on la lit.
Calculer dans un Tableau
- La ligne de total propose Somme, Moyenne, Nombre, Max, Min, Écart type, Variance, et Autres fonctions ; Excel écrit
SOUS.TOTAL(1xx;[Colonne]), qui suit le filtre. AGREGATva plus loin queSOUS.TOTAL:=AGREGAT(9;6;[Total_HT])additionne en ignorant les erreurs (option 6) et les lignes masquées (option 7, ou 3 pour les deux) : la somme d'une colonne qui contient des #N/A.- Hors du Tableau, une formule peut viser une colonne :
=SOMME.SI(Commandes[Canal];"Magasin";Commandes[Total_HT]): lisible, et la plage grandit avec le Tableau. - Les en-têtes et le total :
Commandes[[#Totaux];[Total_HT]],Commandes[[#En-têtes];[Canal]].
Gérer la propriété des objets
Déplacer et dimensionner avec les cellules, imprimer l'objet, verrouiller, texte de remplacementChaque objet (forme, image, graphique, contrôle) a une rubrique Propriétés dans son volet Format (Ctrl+1 › icône Taille et propriétés), qui décide de son comportement vis-à-vis des cellules :
| Propriété | Effet | Quand |
|---|---|---|
| Déplacer et dimensionner avec les cellules | L'objet suit les lignes et colonnes : il grandit si on élargit une colonne dessous | Un graphique dans un tableau de bord dont on règle les colonnes |
| Déplacer sans dimensionner avec les cellules | Il bouge avec les lignes insérées au-dessus, mais garde sa taille (le défaut) | La plupart des cas |
| Ne pas déplacer ni dimensionner avec les cellules | Il reste à sa place, quoi qu'on fasse aux cellules | Un logo d'en-tête, un bouton |
| Imprimer l'objet | Décoché, l'objet n'apparaît pas à l'impression | Des boutons, des consignes à l'écran |
| Verrouillé | Avec la feuille protégée, l'objet ne peut plus être déplacé ni modifié | Tout tableau de bord livré |
| Texte de remplacement | Une description lue par les lecteurs d'écran | Toujours, pour l'accessibilité |
Les boutons de macro ne s'impriment pas. Décoche Imprimer l'objet sur chaque bouton : le rapport imprimé n'en portera pas la trace, et le classeur reste interactif à l'écran.
Connaître toutes les options du collage spécial
Reprise approfondie : au-delà de Valeurs, Transposé et Opération, les douze autres cases, Coller avec liaison et l'image liéeEn deuxième année : Valeurs, Formats, Transposé, Opération. La boîte Collage spécial (Ctrl+Alt+V) en a bien plus, et la galerie Accueil › Coller en montre les plus courantes avec aperçu :
| Option | Ce qu'elle colle | Cas typique |
|---|---|---|
| Formules et formats des nombres | Les formules, et le format monétaire ou pourcentage, sans les couleurs | Reporter des calculs dans un tableau déjà mis en forme |
| Valeurs et formats des nombres | Les résultats figés, avec leur format | Figer un tableau croisé, un tirage ALEA |
| Largeurs de colonnes | Seulement les largeurs | Deux feuilles qui doivent s'imprimer pareil |
| Tout sauf la bordure | Contenu et formats, sans les bordures | Recopier un bloc dans un tableau déjà encadré |
| Validation | Les règles de validation des données seulement | Reporter une liste déroulante sur une autre colonne |
| Toutes les mises en forme conditionnelles | Les règles de mise en forme conditionnelle, fusionnées avec celles de la cible | Reporter un jeu d'icônes |
| Blancs non compris | Les cellules vides copiées n'écrasent pas la cible | Compléter une liste par une autre, sans trous |
| Coller avec liaison | Des formules =Source!A1 vers l'original | Une synthèse qui suit |
| Image et Image liée | Une image de la plage ; liée, elle se met à jour (c'est la Caméra) | Un tableau d'une autre feuille dans un tableau de bord, sans contrainte de largeurs |
L'image liée est l'astuce la plus sous-estimée d'Excel. Un tableau de bord juxtapose des blocs aux largeurs de colonnes incompatibles : chacun vit sur sa feuille, et le tableau de bord n'en affiche que des images liées, toujours à jour, placées librement.
Utiliser toutes les fonctions de synthèse d'un tableau croisé
Au-delà de Somme et Nombre : Moyenne, Max, Min, Produit, Nombre de nombres, Écart type, Variance, et le nombre de valeurs distinctesLa zone Valeurs d'un tableau croisé propose onze fonctions de synthèse (clic droit › Synthétiser les valeurs par) :
| Fonction | Ce qu'elle donne | Question à laquelle elle répond |
|---|---|---|
| Somme | Le total | Combien de CA par canal ? |
| Nombre | Le nombre de lignes (texte compris) | Combien de commandes ? |
| Nombre de nombres | Le nombre de cellules numériques seulement | Combien de montants renseignés ? |
| Moyenne, Max, Min | La moyenne, le plus grand, le plus petit | Le panier moyen ? La plus grosse commande ? |
| Produit | La multiplication des valeurs | Des coefficients à enchaîner (rare) |
| Écart type, Écart type de population | La dispersion autour de la moyenne (échantillon, ou population entière) | Les paniers sont-ils homogènes ? |
| Variance, Variance de population | Le carré de l'écart type | Idem, pour les statisticiens |
Le nombre de valeurs distinctes
« Combien de clients différents ont commandé par canal ? » Nombre compterait les commandes. La réponse demande de cocher Ajouter ces données au modèle de données à la création du tableau croisé : la fonction Total distinct apparaît alors dans la liste des synthèses.
Nombre et Nombre de nombres diffèrent dès qu'une cellule contient du texte. « n/a » tapé dans une colonne de montants est compté par Nombre, ignoré par Nombre de nombres. Quand les deux diffèrent, la source a un problème.
Les fonctions matricielles complexes : INDEX, EQUIV, DECALER
Deux entrées, plusieurs critères, plages mobiles : quand une recherche simple ne suffit plusTrois montées en puissance par rapport à la séance 1 :
1. INDEX à deux entrées
Une grille tarifaire : les canaux en lignes, les mois en colonnes. =INDEX(B2:M5;EQUIV("Magasin";A2:A5;0);EQUIV("Mars";B1:M1;0)) : le premier EQUIV donne la ligne, le second la colonne.
2. EQUIV à plusieurs critères
Chercher la ligne où le canal est « Magasin » et le statut « Livrée » : =EQUIV(1;(Canal="Magasin")*(Statut="Livrée");0). Chaque comparaison vaut 1 ou 0 ; leur produit vaut 1 sur la seule ligne qui satisfait tout ; EQUIV cherche ce 1. Dans Excel 365, Entrée suffit ; dans les versions antérieures, Ctrl+Maj+Entrée (les accolades).
3. DECALER pour une plage qui bouge
=DECALER(référence;lignes;colonnes;hauteur;largeur) renvoie une plage, à donner à une autre fonction :
| Formule | Ce qu'elle calcule |
|---|---|
=SOMME(DECALER(B2;0;0;3;1)) | La somme de B2:B4 |
=MOYENNE(DECALER(B1;NB(B:B)-2;0;3;1)) | La moyenne des trois dernières valeurs de la colonne B : une moyenne glissante |
=SOMME(DECALER(B2;0;EQUIV("Mars";B1:M1;0)-1;4;1)) | La somme de la colonne Mars, retrouvée par EQUIV |
DECALER est volatile et n'affiche aucune flèche d'audit utile : un classeur bâti sur des DECALER est lent et difficile à relire. On la réserve aux noms dynamiques et aux fenêtres glissantes ; pour le reste, INDEX fait souvent l'affaire, sans volatilité.
Les fonctions d'information : ESTNA, ESTNUM, ESTVIDE
Tester ce qu'il y a dans une cellule avant de calculer dessusLes fonctions d'information renvoient VRAI ou FAUX selon la nature d'une cellule. Elles servent dans un SI, une mise en forme conditionnelle ou une validation :
| Fonction | VRAI si… | Usage |
|---|---|---|
ESTNA(x) | x vaut #N/A | =SI(ESTNA(EQUIV(…));"inconnu";…) : traiter le seul cas « pas trouvé », sans masquer les autres erreurs comme le ferait SIERREUR |
ESTNUM(x) | x est un nombre | Repérer les « 12 » stockés en texte ; =ESTNUM(CHERCHE("web";A2)) teste si un mot est présent |
ESTVIDE(x) | la cellule est vide | =SI(ESTVIDE(C2);"";C2-B2) : ne pas calculer sur une livraison pas encore datée |
ESTTEXTE, ESTNONTEXTE, ESTLOGIQUE, ESTERREUR, ESTERR, ESTREF, ESTFORMULE | La famille complète | ESTERREUR couvre toutes les erreurs, ESTERR toutes sauf #N/A |
TYPE(x), CELLULE("format";x) | Un code plutôt qu'un booléen | 1 nombre, 2 texte, 4 logique, 16 erreur |
ESTVIDE n'est pas « égal à vide ». Une cellule qui contient ="" (une formule qui renvoie du vide) n'est pas vide pour ESTVIDE, mais vaut "" pour une comparaison. Et une espace tapée par erreur n'est ni l'un ni l'autre : c'est du texte.
Connaître de manière exhaustive les formats de nombre
Le code de format personnalisé : ses quatre sections, ses symboles, et ce qu'il permet qu'aucun format intégré ne faitTous les formats intégrés (Monétaire, Comptabilité, Date, Pourcentage, Fraction, Scientifique, Spécial…) sont des codes ; la catégorie Personnalisée de Format de cellule › Nombre (Ctrl+1) les montre et en accepte de nouveaux.
Les quatre sections
positif;négatif;zéro;texte. Une seule section vaut pour tout ; deux : positif et négatif ; trois : positif, négatif, zéro. Exemple : # ##0 €;[Rouge]-# ##0 €;"—";@.
| Symbole | Sens | Exemple |
|---|---|---|
0 | Un chiffre, zéro affiché | 000 : 7 → 007 |
# | Un chiffre, rien si inutile | # ##0,00 |
? | Un chiffre ou une espace (aligne les décimales) | 0,?? |
, et espace | Décimale ; séparateur de milliers ; une espace finale divise par 1 000 | # ##0 " k€" : 15 300 → 15 k€ |
%, E+ | Pourcentage, scientifique | 0,0 % |
"texte", @ | Un texte fixe ; la place du texte saisi | 0 "unités" ; "Réf. "@ |
[Rouge], [Bleu]… | Une couleur (8 noms) | [Vert]0;[Rouge]-0 |
[>1000] | Une condition | [>=1000]# ##0" k";0 |
* suivi d'un caractère | Répète le caractère pour remplir la cellule | 0 *. : 12........ |
_ suivi d'un caractère | Une espace de la largeur de ce caractère | 0_) : aligne avec les négatifs entre parenthèses |
j jj jjj jjjj m mm mmm mmmm aa aaaa h hh mm ss | Dates et heures ; [h] cumule au-delà de 24 h | jjjj j mmmm aaaa : mercredi 21 octobre 2026 |
;;; | Trois sections vides : la cellule n'affiche rien | Masquer une valeur de calcul |
Le format ne change jamais la valeur. 15 300 affiché « 15 k€ » reste 15 300 dans les calculs. C'est ce qui le distingue d'ARRONDI, et ce qui permet d'afficher sans trahir.
Gérer de manière experte les noms dans un tableur
Noms dans les formules, noms de constante et de formule, Appliquer les noms, Coller une listeAprès la création (séance 2), l'usage expert des noms :
| Geste | Où | Effet |
|---|---|---|
| Un nom dans une formule | Tape son début : la saisie semi-automatique le propose ; ou F3 › la liste | =SOMME(CA_2026)/NB(CA_2026) |
| Formules › Définir un nom › Appliquer les noms | Sur des formules déjà écrites avec des références | =SOMME($I$2:$I$967) devient =SOMME(CA_2026), dans toute la sélection |
| F3 › Coller une liste | Dans une cellule vide | Un tableau de tous les noms et de leurs références : la documentation du classeur |
| Un nom de formule | Fait référence à : =SOMME(Commandes[Total_HT])*TVA | Le nom calcule : =CA_TTC dans n'importe quelle cellule |
| Un nom de Tableau | Création de tableau › Nom du tableau | Les références structurées Commandes[Canal] ; il apparaît dans le Gestionnaire avec une icône de tableau |
| Un nom dans la Zone Nom | Taper le nom, Entrée | Se rendre sur la plage, où qu'elle soit |
Un nom supprimé laisse #NOM? dans toutes les formules qui l'utilisaient, et Excel ne prévient pas. Avant de supprimer un nom : Rechercher (Ctrl+F) dans les formules de tout le classeur.
Segments et barres de chronologie connectés, et l'actualisation
Reprise approfondie des segments : une chronologie pour les dates, des connexions de rapport, et Actualiser toutUn segment filtre un tableau croisé par des boutons (BA3). Deux compléments d'expert :
La chronologie
Analyse du tableau croisé dynamique › Insérer une chronologie pose un filtre de dates glissant : on choisit Années, Trimestres, Mois ou Jours, et on tire une plage. Elle ne fonctionne qu'avec un champ de type date (une colonne de dates en texte la rend grisée).
Les connexions de rapport
Un segment (ou une chronologie) peut piloter plusieurs tableaux croisés construits sur la même source : sélectionne le segment, Segment › Connexions de rapport, coche les tableaux croisés. Un clic sur « Magasin » filtre alors tout le tableau de bord. Même chose pour un segment posé sur un Tableau, limité à ce Tableau.
Actualiser
| Geste | Portée |
|---|---|
| Actualiser (Alt+F5) | Le tableau croisé actif |
| Actualiser tout (Ctrl+Alt+F5) | Tous les tableaux croisés, requêtes et connexions du classeur |
| Options du tableau croisé › Données › Actualiser à l'ouverture | Automatique, à chaque ouverture |
| Propriétés d'une connexion › Actualiser toutes les n minutes | Pour une source externe qui change |
Un segment partagé exige la même source. Deux tableaux croisés bâtis sur deux plages différentes (même identiques) ont deux caches : le segment ne peut pas les relier. On construit tous les tableaux croisés d'un tableau de bord sur le même Tableau.
Quiz de fin de séance
Six questions pour vérifier que c'est acquisCes six questions reprennent toute la séance, au format et au niveau de la certification TOSA. Réponds sans revenir en arrière.
Moins de 4 bonnes réponses sur 6 ? Reprends le module 0 (Power Query) et le module 7 (les formats personnalisés) : l'atelier 3 commence par un import et finit par un format.
STOP exercices. Tu as lu tout l'onglet et répondu à ses questions : arrête-toi ici, ne passe pas encore à l'onglet suivant. En cours, ton intervenant montre l'essentiel sur son écran, puis vous refaites ensemble :
- Le tableau de bord se pilote, et le dépôt — atelier 2 : les dix demandes faites, déposé, mail envoyé
- Les codes inconnus et l'import — atelier 3 : demandes 8 et 9 faites
Tu travailles seul ? Fais ces exercices maintenant, sur ton atelier-mastere-2-NOM-Prenom.xlsx, puis atelier-mastere-3r-financement.xlsx (page Ateliers), puis passe à l'onglet suivant.