Des images maîtrisées, une charte en nuances, des objets qui laissent respirer le texte
Une page réussie repose sur des décisions précises : une charte enregistrée en nuances, une photo à la bonne résolution, retouchée sans quitter le document, un produit sans son fond blanc, une image bien cadrée dans son bloc, des coins arrondis, un texte qui contourne une silhouette, des légendes qui s'écrivent seules. La pièce du jour : une planche de projets.
Ta planche de projets. Une double page de ton portfolio : six images de tes travaux importées en planche, chacune avec sa légende dynamique, un produit détouré qui habille le texte, des vignettes aux coins arrondis, les couleurs de ta fiche d'identité en nuances.
Un libellé suivi d'un astérisque (*) vient de l'aide officielle d'InDesign et n'a pas encore été relevé à l'écran : si ton InDesign 2026 affiche autre chose, c'est l'écran qui a raison — et dis-le à ton formateur.
Les fichiers de la séance. seance4-photo-a-retoucher.jpg (une photo à retoucher depuis InDesign) et seance4-produit-fond-blanc.png (un produit sur fond blanc à détourer). Range-les dans ton dossier Liens.
Le nuancier de ta charte, et ses dégradés
Des nuances nommées, des teintes liées, des dégradés orientés d'un geste (20 min)Ta charte (quatre couleurs) vit dans le Nuancier (F5), en nuances nommées : « Violet charte », pas « C=60 M=80 J=0 N=0 ». Le menu du panneau rassemble ce qu'il faut : Nouvelle couleur…, Nouvelle teinte… (un 20 % lié à sa nuance mère : change le violet, ses teintes suivent), Nouveau dégradé…, et Ajouter les couleurs sans nom, qui récupère en nuances toutes les couleurs appliquées à la main.
Un dégradé se fabrique dans le panneau Dégradé (Fenêtre › Couleur › Dégradé) : type linéaire ou radial, des curseurs de couleur sous la barre, un losange entre deux curseurs pour régler le milieu, un angle.
- Pour le réutiliser, enregistre-le : menu du Nuancier › Nouveau dégradé…. Fais glisser des nuances de ta charte sur les curseurs : le dégradé suivra la charte.
- Applique-le au fond d'un bloc, à un contour ou à un texte.
- Prends l'outil Nuance de dégradé (G) et trace, sur l'objet, la direction voulue : d'où part la première couleur, où arrive la dernière. Avec Maj, l'angle est contraint à 45°.
L'outil voisin, Outil Dégradé progressif (Maj+G), fait l'inverse : il fond l'objet vers la transparence. C'est le geste d'une photo qui s'efface doucement dans le fond de la page.
Plusieurs objets, un seul dégradé. Sélectionne-les tous, puis trace avec l'outil Nuance de dégradé d'un bout à l'autre de la sélection : le dégradé traverse les objets au lieu de recommencer dans chacun. Effet « vitrail » sur une rangée de pictos.
Rééditer un lien : à jour, manquant, remplacé
Le panneau Liens, ton tableau de bord (10 min)InDesign ne stocke pas les images : il garde un lien vers chaque fichier. Le document reste léger, et une photo retouchée dans Photoshop se met à jour dans toutes les pages où elle apparaît. En contrepartie, le panneau Liens (Fenêtre › Liens, Ctrl+Maj+D) doit rester propre.
| Icône | Statut | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| (rien) | le lien est à jour | rien |
| ⚠ triangle | modifié : le fichier a changé depuis l'import | double-clic sur le triangle, ou bouton Mettre à jour le lien |
| ? point d'interrogation | manquant : le fichier a été déplacé ou renommé | bouton Rééditer le lien, puis retrouver le fichier |
Le menu du panneau propose Mettre à jour tous les liens quand plusieurs photos ont été retouchées d'un coup. Et Rééditer le lien sur un dossier retrouve toutes les images manquantes qui s'y trouvent.
Pour changer l'image d'un bloc en gardant le bloc et son cadrage : bloc sélectionné, Fichier › Importer… avec Remplacer l'élément sélectionné* coché.
La résolution effective, et la retouche dans Photoshop
La vraie résolution d'une image placée, et Modifier l'original (20 min)La résolution qui compte : l'effective
En bas du panneau, les informations du lien donnent deux résolutions. La résolution réelle est celle du fichier. La résolution effective tient compte de l'agrandissement dans la page : une photo de 300 ppp agrandie à 200 % n'en a plus que 150. C'est l'effective qui doit atteindre 300 ppp pour l'impression (250 au minimum).
La formule à connaître : résolution effective = largeur en pixels ÷ largeur imprimée en pouces (mm ÷ 25,4). Une image de 3000 px posée sur 254 mm (10 pouces) a 300 ppp effectifs.
La photo est trop terne une fois en place ? Inutile de la chercher sur le disque :
- Sélectionne-la, puis Édition › Modifier l'original — ou Alt+double-clic sur l'image. Elle s'ouvre dans son logiciel par défaut (Édition › Modifier avec pour choisir Photoshop).
- Retouche-la, enregistre (Ctrl+S) et reviens dans InDesign.
- Le lien se met à jour tout seul. S'il affiche le triangle ⚠, double-clic dessus dans le panneau Liens.
Avec un PSD à calques, Objet › Options de calque d'objet montre ou masque ses calques depuis InDesign : une même image, deux versions, sans deux fichiers.
Supprimer le fond blanc d'une image
Trois méthodes, et laquelle choisirUn produit photographié sur fond blanc, posé sur un bandeau coloré, garde son rectangle blanc. Trois façons de s'en débarrasser, de la meilleure à la plus rapide :
| Méthode | Comment | Limite |
|---|---|---|
| 1. Détourer dans Photoshop | fond supprimé, enregistré en PSD (ou PNG) transparent ; InDesign respecte la transparence | demande un aller-retour, mais le résultat est parfait |
| 2. Le masque d'InDesign | Objet › Masque › Options (Ctrl+Alt+Maj+K) : type type Détection des contours, régler Seuil et Tolérance ; ou Couche alpha / Tracé Photoshop si le fichier en contient (la boîte s'ouvre avec un titre anglais, « Clipping Path ») | bords parfois crénelés, ombres perdues |
| 3. Le mode de fusion Produit | panneau Effets, mode Produit : le blanc devient transparent | ne marche que sur un fond clair, et assombrit le produit |
La méthode 2 est celle de la certification : sur un fond uni, Détection des contours avec un seuil d'environ 25 donne un détourage propre en dix secondes. Coche Inclure les contours intérieurs si le produit a des trous (une anse, un casque).
Le mode Produit n'est pas un détourage. Sur un bandeau foncé, il fonce aussi le produit : ses couleurs se mélangent au fond. À réserver aux fonds pâles, pour un visuel rapide.
Ajuster une image dans son bloc, et redimensionner en homothétie
Les commandes d'ajustement, et les touches qui gardent les proportions (15 min)Une image vit dans un bloc : le bloc est le cadre, l'image le contenu. Les commandes d'Objet › Ajustement* (et les boutons du panneau Contrôle) règlent l'un par rapport à l'autre :
| Commande | Raccourci | Effet |
|---|---|---|
| Remplir le bloc proportionnellement | Ctrl+Alt+Maj+C | l'image couvre tout le bloc, sans déformation : ce qui dépasse est rogné. Pour une photo. |
| Ajuster le contenu proportionnellement | Ctrl+Alt+Maj+E | l'image entière tient dans le bloc : il peut rester du vide. Pour un logo, qu'on ne rogne jamais. |
| Ajuster le bloc au contenu | Ctrl+Alt+C | le bloc prend la taille de l'image. |
| Centrer le contenu | Ctrl+Maj+E | l'image se centre, sans changer d'échelle. |
| Ajuster le contenu au bloc | Ctrl+Alt+E | l'image prend exactement la taille du bloc : elle se déforme. Presque jamais. |
La case Ajustement automatique réapplique l'ajustement à chaque redimensionnement du bloc : l'image reste cadrée.
Redimensionner en homothétie
Tirer une poignée change le bloc seul. Avec Maj, le bloc garde ses proportions. Avec Ctrl+Maj, le bloc et l'image s'agrandissent ensemble, proportionnellement : c'est l'homothétie. Dans le panneau Contrôle, le maillon des échelles X et Y fait la même chose au pourcentage près.
🔍 Pourquoi c'est important. Une photo étirée de quelques pour cent se voit tout de suite sur un visage ou un logo. Les commandes proportionnelles et l'homothétie garantissent qu'aucune image n'est déformée, même après dix changements de maquette.
Arrondir les coins d'un bloc
Options d'arrondis, et les coins dynamiques (10 min)Des vignettes aux coins arrondis adoucissent une planche d'images. Objet › Options d'arrondis… ouvre la boîte Options d'arrondi : une taille et une forme pour chaque coin. Avec le maillon Uniformiser tous les paramètres lié, les quatre coins prennent le même réglage : Arrondi, 3 mm.
Sur la page, un clic sur le petit carré jaune d'un bloc sélectionné fait apparaître des losanges : tire-en un pour arrondir les quatre coins d'un geste. Les formes plus rares (« Arrondi inversé », « Marge », coin par coin) viendront en troisième année.
🔍 Pourquoi c'est important. Des coins arrondis tous identiques, réglés en millimètres, donnent une planche cohérente. Des coins tirés à l'œil, chacun un peu différent, se remarquent dès que les vignettes sont côte à côte.
Un texte qui contourne une image : l'habillage
Autour du bloc, autour de la forme, et l'écart qui laisse respirer (15 min)Le panneau Habillage de texte (Fenêtre › Habillage*, Ctrl+Alt+W) décide comment le texte réagit à un bloc posé dessus :
| Bouton | Le texte… | Pour |
|---|---|---|
| Pas d'habillage | passe dessous | une image de fond |
| Habillage autour de la boîte englobante | contourne le rectangle du bloc | une photo rectangulaire |
| Habillage autour de la forme de l'objet | suit la silhouette (détourage, forme) | un produit détouré, un picto rond |
| Saut d'objet | s'arrête au-dessus et reprend en dessous | une image en travers d'une colonne |
Les quatre champs de décalage écartent le texte de l'image (3 à 5 mm) : sans eux, les lettres touchent le bord. Un bloc de texte peut aussi ignorer l'habillage (case des options de bloc de texte) : une légende posée sur la photo reste lisible.
🔍 Pourquoi c'est important. Un texte qui suit la courbe d'un produit détouré donne du mouvement à la page ; un texte qui touche l'image donne l'impression d'un travail pressé. Le décalage, réglé une fois, fait toute la différence.
Importer en planche, et des légendes qui s'écrivent seules
Six images d'un coup, chacune avec sa légende (15 min)Importer en planche : Fichier › Importer…, sélectionne six images d'un coup : le curseur se charge. Commence à tracer un cadre, puis, sans lâcher, appuie sur les flèches → et ↑ pour ajouter colonnes et rangées : les six images se posent en grille, dans des blocs réguliers.
Les légendes dynamiques
Objet › Légendes* › Format des légendes… choisit ce que dira chaque légende : une métadonnée de l'image (son Nom*, son titre, sa description), un texte avant et après, le style de paragraphe « Légende », la position sous l'image. Puis, images sélectionnées, Créer une légende dynamique* : chaque légende s'écrit seule, et se met à jour si l'image change. Dans le texte, c'est la variable Nom de l'image.
Nomme bien tes fichiers : projet-eclat-flacon.jpg donne une légende lisible, IMG_4532.jpg non. La légende dynamique ne fait que montrer ce que le fichier sait de lui-même.
★ Ta pièce de la séance. Ta planche de projets : une double page A4, six images placées en planche avec des légendes dynamiques, des vignettes aux coins arrondis de 3 mm, un produit détouré qui habille le texte, et ta charte en nuances nommées (plus aucune couleur sans nom). Exporte-la en JPEG à 150 ppp pour la montrer.
Quiz de fin de séance
Six questions pour vérifier que c'est acquisCes questions reprennent toute la séance, au niveau de la certification Tosa. Réponds sans revenir en arrière : seul ton premier essai compte.
Moins de 4 sur 6 ? Reprends le module 2 : la résolution effective, celle du panneau Liens, baisse quand on agrandit l'image dans son bloc. C'est elle qui doit atteindre 250 à 300 ppp à l'impression.
STOP exercices. Tu as lu tout l'onglet et répondu à ses questions : arrête-toi ici, ne passe pas encore à l'onglet suivant. En cours, ton intervenant montre l'essentiel sur son écran, puis vous refaites ensemble :
- Le moodboard fini, et le dépôt — atelier 1 : déposé
- La charte et les écrans — atelier 2 : nuances, dégradé, écrans détourés
Tu travailles seul ? Fais ces exercices maintenant, sur ton moodboard, puis ton comparatif (page Ateliers), puis passe à l'onglet suivant.